Un de mes mots favoris de la langue espagnol, primavera. Et aujourd’hui j’ai le plaisir de l’entendre souvent, à la radio, dans la rue, au marché… parce qu’aujourd’hui, c’est le printemps!!
Et le soleil a décidé de se joindre à la fête, histoire de nous réchauffer un peu et nous donner espoir sur la chaleur qui s’en vient! Même si l’hiver péruvien n’a absolument rien à voir avec notre adorable -32° québécois, on ne se promène quand même pas la couenne à l’air, comme dirait ma mère. Même que le soir, je me suis vue enfiler mes leggings sous mes jeans, et quoi que je souriais intérieurement en mettant une tuque dans mes bagages, elle a su réchauffer mes petites oreilles du vent glaciale venant de la mer. Le froid ici est différent, c’est l’humidité qui prend aux os, qui nous fait sentir de glace, le même qui m’avais surprise sur l’Ile de Vancouver. Celui qui règne sur toutes les côtes de l’océan je présume.
Bref, ce matin c’est le printemps, les oiseaux chantent, si les arbres avaient perdu leurs feuilles ils bourdonneraient, je sens que je pourrai bientôt sortir mes meilleures amies; mes gougounes! (celles que m’a généreusement données ma belle Gene en plus)
Il y a déjà 2 semaines que je suis rentrée, 2 semaines que Guillermo me prend dans ses bras tous les jours. Le temps a complètement changé d’apparence pour moi. Pendant les 4 mois où l’on a été séparés, 2 semaines me semblaient interminables, une éternité infranchissable, chaque journée lourde et sans fin. Maintenant, les minutes se mêlent aux heures, aux jours. Je ne regarde plus mon calendrier, plus besoin de faire une petite barre à chaque journée passée. Que c’est bon d’être où on veut, quand on le veut!
J’ai raconté les retrouvailles romantiques à quelques uns d’entre vous, mais j’imagine que vous savez que les mots ne peuvent que refléter ce que l’on a vécu. Un 8 septembre à 4hrs du matin, on a tous les 2 recommencé à respirer, à vivre. Pendant mes vols mon monde était figé, j’avançais comme un robot, paralysée par les émotions. Les quelques pas dans l’aéroport de Lima, à le chercher des yeux, pendant une heure, ou une seconde, je ne sais pas. Mais il était là, à m’attendre, après 4 mois, il était là.
On vit à Barranca, petite ville au nord de Lima. Belle, vivante, avec de jolis petits parcs, et biensûr sa spectaculaire vue sur la mer. Pas de touristes, pas de faux marchés pour gringos, personne n’a essayé de me parler en anglais, ou de me vendre un package deal pour un trek ou des leçons de surf. Ca aide grandement à se sentir chez-soi, à tranquillement se faire à l’idée que ce pays deviendra une seconde maison.
Depuis que Guille m’a amené manger au marché un dimanche (il travaille du lundi au samedi), je suis tombée sous le charme de la place. Grouillant de personnes et de tous les produits imaginables, vivants des rires des femmes qui servent à manger et des jeunes filles qui gloussent au passage d’un beau garçon, j’adore m’y installer et manger quelque chose de nouveau. Je ne sais jamais vraiment ce que c’est sur le menu, j’ai abandonné de demander des explications, la meilleure façon est d’essayer! Et je n’ai eu que de belles surprises, sauf une… le fameux ragoût d’intestin. Au moins, j’ai fait rire les dames ce midi-là avec mon expression faciale quand j’ai pris une bouchée… euuuurrrkkkk! C’est caoutchouteux, rugueux comme une langue de chat et faut mâcher des heures pour le couper. J’en ai encore des frissons.
Enfin, c’est pas mal le mot qui résume tout. Enfin de retour. Enfin avec lui. Enfin, je suis bien, je n’attends plus quelque chose, je vis, enfin.
Et enfin, il y a du soleil! Je me dirige donc au parc, peut-être que je prendrai quelques couleurs sur mes petites joues blanches!
À bientôt, je vous aime!
Katerine




